Inferno Legion : La Lame Perdue (Récit)

Un récit non officiel de Science-fiction basé sur la licence warhammer 40'000 (Games-Workshop)

10 avril 2008

Chapitre VIII : Sombres souvenirs

ChapitreVIII

L’épave baignée de flammes de l’Aconite achevait de se désintégrer dans une succession d’explosions aveuglante. Quartiers après quartiers, ponts après ponts, le vaisseau eldar se voyait mutiler par les charges sismiques disséminées en son sein. Une langue ardente fut vomie par la carcasse agonisante, éclairant brièvement le visage satisfait de Garkhan.

Pourtant, l’ancien maître de chapitre était déjà loin, perdu dans des souvenirs enfouis sous les limbes de la conscience. Il revoyait Terra, la belle, le berceau de l’Humanité. Les rangs ordonnés de son ancien chapitre, les Imperial Templars, alignés devant lui, attendant ses ordres. Tous avaient prêté serment de fidélité à l’Empereur, avaient juré de débarrasser son domaine de la souillure du Chaos, de le purger de l’immonde présence Xenos et d’extirper au grand jour les racines de l’hérésie. Eux, fils loyaux de la vingt et unième fondation, à présents maudits pour l’éternité, avaient fait partie de la première vague, avaient dirigé la lame vengeresse d’une nouvelle croisade pour libérer les astres par le fer et la flamme. Le décompte de leurs exploits avait noirci les pages de milliers de tomes et tous, à cette époque, étaient convaincus de la justesse de leur cause. Mais c’était avant Cyanax, avant l’arrivée de Silhem Crone.

L’inquisiteur avait réquisitionné les services de Garkhan et de ses troupes pour une mission près du Maelstrom. Bien sûr, les space-marines s’étaient empressés d’accepter, trop heureux de prouver leur dévotion et leur fidélité à l’Imperium. L’équivalent d’une compagnie de combat fut ainsi placée sous la férule de Crone. Ce dernier les mena sur la planète désolée Cyanax III, un monde soumis aux effets pernicieux des tempêtes warp. Crone cherchait à s’emparer de plusieurs artefacts touchés par le chaos, dans le but de les étudier et de les retourner contre les créatures de l’Immaterium. Le chapitre perdit de nombreux frères lors de la guerre qui l’opposa aux autochtones dégénérés mais bientôt, les citadelles ennemies furent toutes jetées à bas, leurs secrets enfin révélés aux yeux de l’inquisiteur.

Malheureusement, les positions radicales de Crone au sein de l’Inquisition lui avaient valu de nombreux adversaires, et un conclave monodominant le déclara finalement " excomuniate traitoris " et " extremis diabolus ". Ayant appris le décret impérial concernant son commanditaire, ce fut Garkhan lui-même qui l’amena devant la justice impériale, le livrant en même temps que le fruit de ses recherches. Mais cela ne parvint pas à apaiser la folie des puritains, qui condamnèrent les Imperial Templars à une disparition infamante. Garkhan tenta vainement de les convaincre que lui et son chapitre étaient purs et prêts à entreprendre n’importe quel acte de rédemption prouvant leur innocence, mais les inquisiteurs, dans leur paranoïa, ne voyaient en son âme que la corruption. Trop effrayés par les risques d’infestation chaotique, ils avaient décidé d’éradiquer le chapitre dans son intégralité afin de prévenir une éventuelle catastrophe.

Garkhan fut emprisonné avec son escorte, attendant la conclusion fatale de son procès. D’autres space-marines partageaient les geôles de l’Inquisition, et il avait appris de ces frères d’arme qu´une grande partie de la vingt et unième fondation était perdue et considérée comme maudite. Certains chapitres avaient vu leurs effectifs ravagés par une épidémie de mutation, d’autres avaient soudainement fait sécession et, enfin, certains avaient été détruits simplement à titre préventif. Le conclave, trop zélé ou trop alarmiste, avait donc pensé que n’importe quel fils de cette génération pouvait représenter un danger, à plus juste raison s’il avait été en contact avec la souillure du Chaos, et qu´il valait mieux que des milliers de Ses serviteurs périssent, fusse-t´ils des space-marines, afin qu´aucun coupable ne brandisse à nouveau le flambeau de l´hérésie et de la trahison. Leur existence même, leur histoire, avait été effacée des registres impériaux. On les avait fait totalement disparaître, eux et leur héritage, des anales de l’Imperium...

Sur ordre de Sa Sainteté l’Empereur clamait l’Inquisition…

En ces heures de péril, l’Imperium sacrifiait ses meilleurs guerriers, affaiblissant ses frontière et coupant la croisade dans son élan. L’Empereur les avaient trahi et voulait leur perte. Maudissant ce cadavre enchâssé sur son trône d’or, Garkhan jura d’obtenir un jour vengeance, s’il survivait à cette macabre parodie de jugement.

La délivrance vint des cieux, car, par une nuit noire comme le charbon, le sol trembla soudain sous les tirs d’artillerie navale. Les Imperial Templars lançaient l’assaut afin de délivrer leur maître de chapitre. Des pans de murs entiers furent arrachés par les torpilles à fusion et les frappes au laser. La garnison inquisitoriale se rua sur les remparts, mais les troupes de choc furent hachées menues par des escouades d’assaut enragées. Hartrobaal, alors capitaine de la première compagnie, mena personnellement un détachement de terminators dans les profondeurs labyrinthiques de la forteresse, écrasant toute résistance. Ce fut lui qui arracha la grille de la cellule de Garkhan, soulagé de trouver son supérieur en vie. Les Imperial Templars libérèrent leurs frères de sang, et un grand nombre de détenus rejoignit les rangs du chapitre. Deux heures après son évasion, Garkhan mena la flotte vers Soronis, son monde natal, espérant qu’il parviendrait à sauver la population de la colère impériale…

La traversée dans le warp fut ardue, les tempêtes de l’Immaterium déchaînant leur rage. Pourtant, pas un vaisseau ne fut perdu dans le cyclone chaotique. Après deux mois, le calvaire s’acheva pour la flotte, qui émergea le plus discrètement possible de l’Immaterium. Trop tard !

Soronis brûlait, ses continents balayés par le brasier des torpilles Exterminatus, son atmosphère consumée par les températures inimaginables. Seuls quelques vaisseaux impériaux étaient restés sur place, les autres ayant sans doute été appelés pour une autre tâche tout aussi ignoble. Les Imperial Templars tombèrent comme la foudre sur ces traîtres et les massacrèrent sans pitié dans la lueur rougeoyante de leur monde à l’agonie. Durant de longues heures, les vaisseaux en orbite demeurèrent silencieux, contemplant impuissants la fin d’une planète autrefois verdoyante et pure…

Lorsque tout fut fini, Garkhan gagna la surface mutilée de Soronis. Après quelques secondes passées à fouler les cendres de sa terre natale, il tomba à genou et hurla de désespoir. Les légendes affirmèrent que l’écho psychique de sa rage fit trembler les montagnes et traversa le warp, tant sa haine était forte. Ses mains frappèrent violemment le sol et des larmes de sang coulèrent sur le linceul grisâtre de Soronis. C’est là, dans l’obscurité silencieuse de l’hiver nucléaire, qu’il scella un pacte silencieux et innommable, vendant son âme et celle de ses frères à la bête ténébreuse qui les attendait depuis longtemps…

Ainsi disparurent les Imperial Templars. Le chapitre entier, dans son désir de faire justice, rejoignit Garkhan dans sa nouvelle croisade, tournée contre l’Imperium. Le Chaos était désormais la seule voie possible, la seule puissance apte à leur donner la force de vaincre. Le chapitre se renomma " Inferno Legion " et se dédia entièrement à sa nouvelle cause : débarrasser l’Humanité de son véritable ennemi : cet Empereur tyrannique et ses sbires qui les avaient rejetés.

Plongeant dans l’œil de la Terreur, Garkhan et ses guerriers s’établirent rapidement sur un monde démon, Hecat, avant de se forger un petit royaume par les armes. Plusieurs alliances furent établies avec les autres légions renégates et bientôt, l’Inferno Legion prospéra, englobant de nombreuses bandes errantes et triplant sa taille en quelques millénaires. Deux mondes forge en son pouvoir vomissaient continuellement des flots de véhicules et de l’équipement lourd. L’Inferno Legion déchaîna ensuite son courroux contre ses ennemis, exterminant la population de plusieurs systèmes, profitant même de la guerre Gothique pour forcer le passage de la porte Cadienne dans une orgie de destruction, les planètes et les vaisseaux brûlaient, brûlaient…

Le seigneur du Chaos vit soudainement sa rêverie interrompue par un autre cri déchirant. Les hurlements du capitaine eldar capturé emplissaient le pont de commandement. En communication directe avec la chapelle secundus, Garkhan ne perdait pas une miette de l’interrogatoire mené par Scythe. Le sorcier, trop heureux d’avoir reçu son prix, prolongeait soigneusement l’agonie de sa victime. Après un quart d’heure de " préparation ", les réponses vinrent enfin :

" Pourquoi vous dressez-vous sur notre passage, misérable Xenos ? Pourquoi tentez-vous d’entraver notre œuvre ? "

" Ishara, notre prophétesse, a contemplé les voies du futur et a vu l’épée qui mènerait les nôtres à leur perte. Nous vous barreront la route, Mong Keighs, jamais vous ne libérerez la lame perdue… "

Un bruit sourd suivi d’un nouveau cri résonna dans les hauts-parleurs.

" Inutile d’aggraver ton cas, faible eldar, et raconte moi, que sais tu de l’épée ? "

" Vous ne n’apprendrez rien de moi, sales chiens ! "

Hurlements.

" Je répète ma question, eldar, parle-moi de l’épée "

" … "

" REPOND, ELDAR ! ! ! "

" … "

D’autres plaintes envahirent les canaux. L’eldar s’obstinait. Pourtant, La voix réjouie de Scythe s’éleva à nouveau :

" Regarde cet objet, Xenos, ça ne te rappelle rien ? Tu sais ce qui arrivera quand je le briserai n’est-ce pas ? "

" Non ! Ne souillez pas cette pierre d’âme, infecte suppôt des Dieux Sombres ! Laissez donc Selenal tranquille !"

" Tu crois que je devrais laisser ta sœur prisonnière pour l’éternité dans ce cocon de moelle spectrale ? A mon avis, elle a grand envie de se libérer de ce carcan, de parcourir le warp afin de rendre visite à votre ancien seigneur, Slaanesh, tu ne crois pas ? "

Le crissement déchirant du métal sur la pierre fut bientôt couvert par la panique de l’eldar :

" Epargnez-la et je vous révélerai ce que je sais ! "

" A la bonne heure, tu te montre enfin coopératif "

L’eldar haletant dut reprendre son souffle, mais sa confession ne tarda plus :

" L’épée se trouve au cœur du Sanctuaire de nuit, un temple caché au cœur des montagnes de Saar’Kel. La porte ne s’ouvre que lorsque les lunes jumelles se superposent et que leur éclat frappe la roche. "

" Bien, bien, et maintenant parle-moi des gardiens ? "

" Les impériaux ont colonisé ce monde récemment, mais ils ont déjà proliféré et souillent la terre de nos ancêtre sous leur multitude. "

" Pas ceux-là, imbécile,je veux tout savoir sur les gardiens du Sanctuaire ! "

" Seule Ishara sait ce qui veille dans les ténèbres. "

" Et que sais tu de la lame elle-même ? "

" Notre tâche est de la garder afin que personne ne réveille la bête qui dort dans l’épée. Je ne sais rien de plus. "

" Dans ce cas, nous n’avons plus rien à nous dire. "

" Qu’allez vous faire de Selenal ? "

Un bruit de verre brisé se fit entendre, suivi d’une ultime plainte emplie de colère. Puis, le silence reprit ses droits…

La flotte poursuivit sa route dans le système, abandonnant derrière elle un cimetière glacé où les cadavres déchiquetés flottaient au milieu des épaves, titanesques stèles marquant à jamais le lieu de leur trépas…

Posté par Garkhan169 à 16:32 - Chapitre VIII : Sombres souvenirs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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